Le changement climatique accroît de 25% le risque de «feux de forêt extrêmes» | 24 heures
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Le changement climatique accroît de 25% le risque de «feux de forêt extrêmes»

Photo d'un feu de forêt en Colombie-Britannique.
Photo AFP

Photo d'un feu de forêt en Colombie-Britannique.

Le changement climatique accroît nettement le risque d'incendie de forêts à propagation rapide, selon une étude publiée mercredi, qui offre de nouvelles pistes de prévention après les récentes catastrophes survenues au Canada, en Grèce et à Hawaï, notamment celle des brûlages préventifs.

Le réchauffement causé par l'homme a augmenté la fréquence des «feux de forêt extrêmes» de 25% en moyenne par rapport à l'ère préindustrielle, conclu cette étude publiée dans la revue Nature par le Breakthrough Institute, un institut californien.

En examinant une sélection de feux sur la période 2003-2020, les scientifiques ont analysé l'effet de températures moyennes plus élevées et de conditions plus sèches sur les feux à propagation très rapide, c'est-à-dire ceux qui brûlent plus de 4 000 hectares par jour.

L'effet du changement climatique varie: dans des conditions de sécheresse partielle, le réchauffement a suffi à faire dépasser des seuils clés d'humidité dans l'air ou de la végétation qui rendent les incendies extrêmes beaucoup plus probables. Alors que l'impact du réchauffement est beaucoup moins net pour des conditions déjà très sèches.

«Cela signifie que nous devrions accorder la plus grande attention aux lieux et aux périodes qui, historiquement, ont connu des conditions juste en-dessous de ces seuils», a déclaré à l'AFP l'auteur principal, Patrick Brown.

Brûlages préventifs

Le risque pourrait augmenter en moyenne de 59% d'ici la fin du siècle dans un scénario à faibles émissions" (+à 1,8°C de réchauffement par rapport au climat préindustriel), et jusqu'à 172% dans un scénario incontrôlé de fortes émissions. Le climat s'est déjà réchauffé de 1,2°C.

Selon M. Brown, la mise en évidence de seuils de sécheresse clés pourrait faciliter les mesures de prévention, en aidant à choisir les endroits prioritaires pour des coupes d'éclaircissements ou du brûlage contrôlé de la végétation, afin de réduire le combustible sec dont se nourrissent les brasiers.

«Dans la plupart des conditions, l'impact des réductions de combustibles dangereux peut complètement compenser l'effet du changement climatique», assure-t-il, estimant même que «le risque d'incendie peut diminuer considérablement malgré le changement climatique», si ces mesures sont appliquées à grande échelle.

Ces résultats pourraient aussi aider à mieux cibler les campagnes de surveillance et améliorer le déploiement des moyens de lutte contre les incendies.

L'étude est publiée au terme d'un été marqué par des incendies qui ont tué au moins 115 personnes à Hawaï et battu tous les records au Canada, où 200 000 personnes ont dû quitter leur domicile. En Grèce, le plus grand incendie de forêt jamais enregistré dans l'Union européenne progresse sur un front de 10 kilomètres.

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