Les militants pro-vie pourront entrer dans les cliniques d’avortement en Italie | 24 heures
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Les militants pro-vie pourront entrer dans les cliniques d’avortement en Italie

Image principale de l'article Les anti-avortements auront accès aux cliniques
AFP

Le gouvernement d’extrême droite de la première ministre italienne Giorgia Meloni a approuvé des mesures permettant aux militants pro-vie d’accéder aux cliniques pratiquant des avortements dans le but de convaincre les femmes de mener leur grossesse à terme.

Quand une femme souhaite se faire avorter en Italie, elle doit se rendre dans une clinique pour obtenir un certificat confirmant sa décision. Avec l’aval du gouvernement, les groupes de pression pro-vie pourront bientôt entrer dans ces établissements dans l’espoir de convaincre les femmes de ne pas se faire avorter.

La mesure, adoptée mardi par le cabinet de Giorgia Meloni, est un nouveau coup dur pour les droits des femmes en Italie, qui fait partie des pays d’Europe où l’accès à l’avortement est le plus contraignant.

Dans plusieurs régions italiennes, les gouvernements catholiques de droite au pouvoir financent déjà des groupes de pression pour qu’ils infiltrent ces cliniques. Ces gouvernement ont également fortement restreint l’accès à la pilule abortive dans les dernières années.

Des gynécologues contre l'avortement

De plus en plus de professionnels de la santé italiens refusent aussi de pratiquer des avortements.

Selon des données du ministère de la Santé datant de 2021, environ 63% des gynécologues italiens ne réalisent pas d’interruptions de grossesse par conviction. Dans certaines des régions les plus au sud du pays, dont la Molise, aussi peu que 8% des médecins acceptent d'en pratiquer. 

En entrevue avec le réseau de radio public américain (NPR) en 2022, l’une des dernières gynécologues à pratiquer l’acte dans la région a averti que «la nouvelle génération de docteurs est presque totalement composée d’objecteurs» et qu’il n’y aurait «bientôt plus de médecins pratiquant l’avortement» à Molise.

Plusieurs groupes de défense des droits des femmes en Italie martèlent qu’il est déjà impossible de se faire avorter dans de nombreux établissements de santé du pays pour cette raison.

Forte baisse des avortements... et des naissances

Le nombre d’avortements pratiqués en Italie est d’ailleurs en chute libre depuis plusieurs années.

Selon les plus récents chiffres du ministère de la Santé, un peu plus de 60 000 avortements ont été effectués sur l’ensemble du territoire en 2021. C’est 20 000 avortements de moins qu’en 1988 et 171 000 de moins qu’en 1982, une année record.

Cette diminution ne s’explique toutefois pas par une augmentation du désir de faire des enfants, soulignent des observateurs. L’Italie souffre en effet d’un fort déclin démographique et pourrait perdre jusqu’à 20% de sa population d’ici à 2070.

-       Avec les informations du Monde, du Guardian et de NPR.

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