Ce qu’il faut savoir sur l’attaque israélienne à Rafah, que dénoncent des personnalités partout dans le monde
Des personnalités publiques d'ici et d'ailleurs prennent la parole pour dénoncer les attaques meurtrières de l’armée israélienne à Rafah, dans la bande de Gaza. Voici pourquoi ces dernières frappes suscitent l’indignation partout sur la planète.
- ATTENTION, certaines images peuvent choquer.
Des dépouilles d’enfants, de femmes et de personnes âgées, des images de survivants pleurant la perte de leurs proches ou priant dans un champ de ruines: les images provenant du camp de déplacés de Rafah sont insoutenables.
Preuve de la colère que provoque l'opération militaire, le slogan «All eyes on Rafah» (Tous les regards sur Rafah) prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux. Dans les dernières heures, de nombreuses personnalités québécoises ont joint leur voix au mouvement pour exprimer leur indignation.
«Complètement traumatisé par les images que je vois de Rafah. J’essaie de passer à autre chose, de me changer les idées, mais c’est impossible. Les images reviennent sans cesse. Je pense à mes propres enfants et je pleure», a notamment écrit l'humoriste Annaud Soly dans un message diffusé sur Instagram.
Mais pourquoi les attaques à Rafah choquent-elles autant?
Une ville qualifiée de «sécuritaire»
Située non loin de la frontière avec l’Égypte, à l’extrême sud de la bande de Gaza, la ville de Rafah est l'une des seules portes de sortie potentielle pour la population palestinienne qui cherche à fuir la guerre.
Jusqu’à la fin de l'année 2023, elle était d'ailleurs l'une des seules grandes villes du territoire palestinien à ne pas avoir été ciblée par une opération terrestre de l'armée israélienne. Cette dernière l'avait même qualifiée de «sécuritaire», alors que des centaines de milliers de déplacés y avaient trouvé refuge. Des organisations humanitaires, dont Amnistie internationale, ont toutefois accusé Israël d'y commettre des crimes de guerre, après que des bombardements ont fait 95 victimes civiles dans la ville au mois de janvier.
Il y a trois semaines, les troupes de l'État hébreu sont entrées à Rafah. Dans la nuit de dimanche à lundi, des bombardements israéliens ont fait au moins 45 morts et 250 blessés dans un camp de déplacés.
Cette attaque, dénoncée par la communauté internationale, est survenue alors que le président américain Joe Biden venait d'affirmer qu’une opération à Rafah représentait une «ligne rouge» à ne pas franchir.
Un «accident tragique», selon Israël
Lundi, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué que les bombardements de la veille visaient des dirigeants du Hamas. Il a qualifié l’attaque d’ «accident tragique», assurant qu'il faisait tout en son pouvoir pour évacuer les civils des endroits visés par son armée.
Or, quelques heures plus tard, l'offensive a repris. La Défense civile de Gaza a annoncé mardi qu'une frappe israélienne a fait 21 victimes supplémentaires dans le camp. Des chars d'assaut ont également été apperçu dans divers secteurs de la ville.
Mercredi, des combats opposants des soldats et des combattants palestiniens ont éclaté dans les rues, alors l'armée israélienne poursuivait ses bombardements.
Environ un million de personnes ont fui Rafah depuis le début de l’opération terrestre de l’armée israélienne il y a trois semaines, selon l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens.