Augmentation moyenne de 260$ par mois pour les Montréalais qui ont déménagé
Un ménage qui a déménagé en 2024 à Montréal doit payer en moyenne 260$ de plus pour son nouveau logement, une augmentation de 24%, révèle une étude Léger sur le marché résidentiel locatif commandée par Vivre en Ville.
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«Si les gens sont obligés de déménager, la situation est extrêmement précarisante», a soutenu mercredi le directeur habitation de l’organisme, Adam Mongrain, en conférence de presse.
Le nombre de ménages locataires qui rapportent avoir «vécu une situation d’itinérance», c’est-à-dire qu’ils n’ont pas eu de «domicile fixe pendant une période de temps», a quant à lui grimpé de 50% depuis 2023, passant de 10% à 15%, indique-t-on dans l’étude.
«C’est une source d’énorme inquiétude», a lancé Adam Mongrain, qui observe une «détérioration de la situation».
«Ça démontre la variété des visages de l’itinérance, qui a vraiment évolué avec le temps. Aujourd’hui, l’itinérance, c’est vous, c’est moi, c’est nos voisins, c’est les gens de notre communauté, c’est les gens qui ont de la difficulté à avoir accès à un toit», a indiqué Robert Beaudry, responsable de l’itinérance et de l’urbanisme au comité exécutif de la Ville de Montréal.
Des logements à plus de 1000$, la norme
Un ménage paie en moyenne 1077$ de loyer à Montréal en 2024, une augmentation de 73$ par rapport à l’an passé.
Les 4 1/2 et les 5 1/2 sont à peu près le même prix (moyenne respective de 1134,30$ et 1135,50$), et les 3 1/2 coûtent en moyenne 962,40$. Il est donc de plus en plus rare de vivre dans un appartement dont le loyer est sous les 1000$ à Montréal.
Les résultats démontrent que les locataires sont moins nombreux qu’en 2023 à payer entre 500$ et 749$ par mois pour leur loyer, passant de 25% des répondants en 2023 à 18% en 2024.
La proportion de ménages à payer 1250$ et plus pour leur loyer a augmenté de 7%, en passant de 21% en 2023 à 28% en 2024.
La fin des cessions de bail
«Si nos pires présomptions à propos de la fin de la cession de bail étaient vraies, ça ressemblerait aux chiffres qu’on voit en ce moment», a affirmé Adam Mongrain.
«Il n’y a pas si longtemps, c’était possible pour quelqu’un d’accéder à une unité qui était peu dispendieuse à travers une cession de bail. Maintenant qu’on peut refuser les cessions de bail pour n’importe quel motif, ça donne évidemment une brèche dans le marché pour un ajustement perpétuel des loyers au plus offrant», a-t-il expliqué.
«On voit un effritement des unités qui étaient historiquement peu chères et une explosion des unités qui sont parmi les plus dispendieuses dans le marché. Ça semble en ligne droite avec les prévisions qu’on pouvait faire [des effets du projet de loi 31].»
De moins en moins réaliste, la propriété
L’étude démontre aussi que de nombreux Montréalais ne croient plus en leur capacité à accéder à la propriété dans les cinq prochaines années. Seulement 18% croient que ce serait possible, une diminution de 5% par rapport à 2023.
Les données proviennent d’un sondage Léger et Vivre en Ville dont les résultats sont parus mercredi. En tout, 1579 Montréalais ont répondu au sondage web entre le 8 et le 31 mai 2024.
Robert Beaudry a rappelé l’importance d’augmenter l’offre en logement abordable à Montréal.
«Le constat est clair: il faut augmenter massivement, effectivement, l’offre en unités, mais également en type d’unités hors marché pour contribuer à la résilience», a-t-il dit.
La ville de Montréal souhaite que, d’ici 2050, 20% du marché locatif soit hors marché.