Transmisogynie: il y a plus de haine contre les femmes trans que les hommes trans | 24 heures
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Transmisogynie: il y a plus de haine contre les femmes trans que les hommes trans

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AFP

Il y a une plus grande hostilité envers les femmes trans que les hommes trans, révèle un sondage à grande échelle à travers le monde. Ces données mettent en lumière un concept encore méconnu: la transmisogynie.

La recherche parue dans la revue Social Psychological and Personnality Science s’appuie sur sondage administré à plus de 16 000 personnes dans 23 pays, dont le Canada, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et l’Afrique du Sud.

Un constat global: tant dans les pays occidentaux et non occidentaux, les participants au sondage démontraient un niveau d’hostilité et de préjugé plus grand contre les femmes trans que contre les hommes trans.

Au Canada, il y a presque autant de préjugés négatifs envers les hommes trans que les femmes trans, selon l’enquête.

Transmisogynie

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi la haine des personnes trans se concentre davantage sur les femmes trans.

Selon l’auteure de l’étude, Jaime L. Napier, les discours transphobes ont tendance à dépeindre les femmes trans comme une menace pour les femmes et les enfants.

L’auteure Julia Serano désigne ce phénomène par le terme «transmisogynie», c’est-à-dire l’oppression systémique des femmes trans, parce qu’elles sont trans et parce qu’elles sont des femmes.

Ce sentiment plus négatif se traduit en violences réelles.

Selon le projet Trans Murder Monitoring chapeauté par Transgender Europe, des 350 meurtres de personnes trans qui ont été commis en 2024, 94% étaient des féminicides.

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Le genre et l’âge

Selon le sondage de Napier, les hommes sont plus nombreux à se montrer hostile envers les personnes trans que les femmes, dans les pays occidentaux et non occidentaux.

En France, en Italie, en Chine, en Corée du Sud, Turquie et aux États-Unis, les participants hommes avaient une vision beaucoup plus négative des femmes trans que les participantes.

Les personnes plus vieilles étaient généralement plus hostiles envers les personnes trans que les plus jeunes, surtout dans les pays non occidentaux.

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L’effet de l’homophobie

Les personnes plus conservatrices et plus religieuses ont tendance à être plus hostiles envers les personnes trans, laissent croire les résultats du sondage.

Les personnes hostiles aux personnes homosexuelles auraient aussi plus tendance à être hostiles avec les personnes trans, surtout chez les répondants plus âgés.

Chez les plus jeunes, ils étaient plus nombreux à accepter les personnes homosexuelles, mais pas les personnes trans.

Les répondants qui se définissaient comme étant religieux avaient quant à eux en une opinion généralement moins négative des personnes trans que des personnes homosexuelles.

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Le «déni de l’identité de genre»

Encore plus que le profil des répondants, le «déni de l’identité de genre» est l’autre grand prédicteur de l’hostilité envers les personnes trans, souligne la chercheuse Napier.

Le «déni de l’identité de genre», c’est la croyance qu’il est impossible de changer son genre.

Ce facteur est indépendant de l’homophobie. Ça veut dire que des personnes qui n’ont pas de sentiments négatifs envers l’homosexualité peuvent considérer que le genre est immuable — et pour cette raison, refuser l’existence des personnes trans.

— Avec les informations de Devon Price

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