Grève de la STM: les usagers sautent encore plus le tourniquet dans le métro
La grève des employés d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM) semble inciter les usagers à utiliser le métro sans payer en sautant par-dessus le tourniquet, selon des observations de 24 heures, alors que plus de deux fois moins de titres mensuels ont été vendus pour novembre.
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Premier lundi du mois de novembre – et de la grève d’un mois des employés d’entretien de la STM –, plusieurs personnes attendent en file à l’un des guichets de la station Préfontaine afin de payer leur titre de transport.
D’autres usagers décident plutôt de passer les tourniquets sans payer.
En une heure passée à la station située sur la ligne verte, 24 heures a été témoin de pas moins de 40 personnes qui sautent les tourniquets.
À la station Berri-UQAM, mercredi en milieu d’après-midi, on a plutôt compté 20 contrevenants. Il faut dire qu’il y avait une forte présence policière et de constables spéciaux de la STM.
C'est aussi une station transitoire pour de nombreuses personnes qui vivent hors de Montréal et qui se rendent dans les zones B, C ou D, comme à Longueuil ou à Laval, où les services de transport ne sont pas en grève.
À chacun sa méthode
Les contrevenants utilisent plusieurs stratagèmes. Certains font tourner le tourniquet vers l’avant afin de se frayer un (mince) passage. D’autres feignent de valider leur titre de transport sur le lecteur afin de dissimuler leur geste.
Plusieurs personnes utilisent l’accès réservé aux poussettes et aux fauteuils roulants et laissent passer (consciemment ou non) un autre usager avec elle, qui suit tout juste derrière ou côte à côte.
Quelques individus utilisent ce même accès pour se faufiler entre les deux panneaux rouges.
Les plus audacieux – seulement deux personnes lors de nos passages – sautent carrément par-dessus le tourniquet.
Ce que l’on constate, c’est que la plupart des contrevenants n’hésitent pas à éviter de payer leur entrée.
Notons toutefois que la grande majorité des usagers ont payé leur trajet de métro en bonne et due forme.
La tendance semble toutefois avoir monté en popularité.
En février 2024, 24 heures a calculé qu’une personne passait les tourniquets chaque trois minutes. En novembre 2025, il s’agit d’une personne toutes les deux minutes.
Ces passages impayés lors de ces deux heures représentent des pertes financières de 225$, considérant que chacune des 60 personnes aurait déboursé 3,75$ pour un passage unique dans la zone A.
La STM ne divulgue pas combien elle estime perdre chaque année en raison de la fraude.
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Une baisse considérable
Les ventes de titres mensuels pour la zone A ont connu une baisse considérable en novembre 2025, selon des données de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) obtenues par 24 heures.
L’organisme affirme que la grève à la STM a «des effets majeurs sur la vente de titre mensuels pour novembre 2025».
Au 4 novembre 2025, 100 731 titres mensuels zone A ont été vendus, contre 231 124 titres à la même date en 2024. Pour tout le mois de novembre 2024, on parle de 302 943 titres mensuels.
Entre octobre et novembre 2025, la diminution est aussi significative: 288 303 ont acheté un titre mensuel le mois dernier.
«La mobilité à l’échelle du réseau est perturbée, ce qui crée un manque de prévisibilité pour la clientèle, en particulier pour les personnes qui n’ont pas accès à une automobile ou aux ressources financières pour recourir à des solutions de transport alternatives», souligne l’ARTM.
Lorsque questionné à ce sujet par 24 heures, la STM assure que des constables spéciaux et des ambassadeurs de sûreté circulent dans l’ensemble du réseau de métro «pour dissuader l’adoption de mauvais comportements».
«Malheureusement, ils ne peuvent être partout à la fois. Évidemment, les personnes qui entrent sans payer s’exposent à des constats d’infraction, car tout le monde doit payer son titre et le conserver tout au long de son trajet», ajoute-t-on par courriel.