Enquête de la commissaire à l’éthique: la députée Sona Lakhoyan Olivier exclue du caucus libéral
Une nouvelle tuile s’abat sur le Parti libéral du Québec: déjà au cœur d’une tempête politique, le chef Pablo Rodriguez a décidé d’exclure de son caucus la députée Sona Lakhoyan Olivier en raison d’une enquête menée par la commissaire à l’éthique.
Dans un communiqué transmis jeudi soir, la Commissaire à l’éthique confirme avoir avisé la députée de Chomedey de l’ouverture d’une enquête à son égard concernant de possibles manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale.
«La commissaire cherchera à déterminer si la députée a utilisé ou permis l’utilisation de ressources de l’État mises à la disposition du bureau de circonscription de Chomedey à des fins partisanes, soit à l’occasion de la course à la direction du Parti libéral du Québec», indique la porte-parole Anne-Sophie St-Gelais.
Rappelons que lors de la course, la députée appuyait Pablo Rodriguez.
Le PLQ, informé de la situation, a décidé de suspendre la députée pendant la durée de l’enquête.
«Dans les circonstances, j’ai pris la décision de l’exclure du caucus du Parti libéral du Québec le temps de cette enquête», a déclaré le chef Pablo Rodriguez.
Cette exclusion survient alors que le PLQ traverse une véritable tempête politique, marquée par des révélations embarrassantes et des tensions internes qui fragilisent le leadership du chef.
Une autre députée, Marwah Rizqy, avait été aussi d’abord exclue du caucus temporairement, avant d’en être expulsée mardi dernier.
La députée de Saint-Laurent avait été suspendue pour avoir congédié une proche de Rodriguez, Geneviève Hinse, sans en avoir avisé le chef.
Lorsqu’elle a été officiellement expulsée, notre Bureau d’enquête venait tout juste de révéler qu’un entrepreneur avait donné 500 $ pour la campagne de Rodriguez à la demande d’un homme d’affaires et ami, qui lui avait fait miroiter des faveurs en retour.
Lakhoyan Olivier se défend
Sona Lakhoyan Olivier a rapidement réagi sur les réseaux sociaux pour se défendre, jeudi en soirée.
«En tout temps, j’ai respecté les règles. Je n’ai rien à me reprocher, mais j’accepte la décision de mon chef de m’exclure du caucus le temps que la commissaire à l’éthique fasse son enquête. Soyez assurés que j’y collaborerai pleinement. Je n’émettrai aucun autre commentaire», a-t-elle affirmé.
Elle vise les médias
Mercredi, Sona Lakhoyan Olivier était frustrée par les révélations médiatiques concernant le PLQ. La députée avait affirmé que les médias étaient responsables de la débandade de sa formation. «La crise que vous avez créée», a-t-elle pesté. Elle s’est excusée quelques heures plus tard.
La crise a débuté il y a deux semaines lorsque Marwah Rizqy a congédié Mme Hinse, qui était sa cheffe de cabinet, en parlant d’une «faute grave».
Puis, notre Bureau parlementaire a révélé qu’Élections Québec s’intéressait à des textos laissant entendre que des membres du Parti libéral du Québec (PLQ) qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la récente course à la direction ont été récompensés avec de l’argent.
Lors d’une rencontre, la députée Marwah Rizqy avait également exprimé à son chef son inquiétude devant un potentiel «fling-flang» au sein du PLQ.
Depuis la semaine dernière, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) s’intéresse aussi à la crise qui ronge le PLQ et a rencontré Mme Rizqy.