Le gala InfluenceCréation fait face à une vague de contestation après l'annonce des nominations
La semaine dernière, la soirée précédent la 4e édition du gala InfluenceCréation a été tenue, visant à célébrer les gagnants des catégories émergentes et d’annoncer les nominés des catégories principales.
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Lors de l’événement, plusieurs créateurs ont eu le plaisir d’être couronnés, Adam Deragon remportant d’ailleurs le prix du balado émergent de l’année pour Le temps d’un flirt, et Émilie Lévesque, celui d’entreprise de l’année avec Café Balade.
On y a aussi appris les personnalités courant la chance de remporter une statuette lors du gala, et plusieurs noms qu’on adore ont à nouveau été sélectionnés. Des créateurs de contenu comme Aly Brassard, Shahin Ouest, Cocottee, Marianne Plaisance, Emy Lalune et Lucie Rhéaume ont été nommés dans plusieurs catégories, poursuivant ce qu’ils avaient entamé lors de la dernière édition.
Toutefois, à voir l’annonce des candidats dans les catégories choisies par InfluenceCréation, un drapeau rouge a été brandi.
Frustration et confusion chez les influenceurs
Notamment, Brendan Mikan et Rémi Desgagné se sont exprimés, ce dernier soulignant sa déception qui perdure depuis les cinq dernières années :
« Loin de moi l’idée de chialer, parce que ce n’est vraiment pas comme ça que je vais chercher de la validation de mon travail, je suis extrêmement fier de ce que je fais, j’ai tout fait seul depuis le début, d’ailleurs ; mais encore une fois, le gala InfluenceCréation ne m’a mis dans aucune catégorie. Ni YouTube, ni podcast, ni lifestyle, rien du tout, pour la cinquième année, et ça fair cinq fois qu’ils me demandent d’appliquer. Y a-t-il quelque chose que je ne comprends pas, mettons ?
Pour toujours mettre les mêmes personnes dans 25 catégories différentes. T’sais, on peut varier et nominer plusieurs créateurs d’ici dans plusieurs domaines différents, parce qu’il y en a dans plein de domaines différents, puis c’est toujours les mêmes personnes qui reviennent à chaque année. [...] Je trouve que ça ne représente pas du tout le monde des créateurs de contenu du Québec. »
Au passage, Rémi remercie le soutien indéfectible de sa communauté, chose qui contribue à le motiver dans le développement de son contenu.
Sous sa publication, plusieurs soulignent la place qu’aurait dû avoir l’intervieweur de stars de téléréalité dans les nominations, déçus pour lui. D’autres créateurs le soutiennent dans ses propos, dont Maude Lavoie et Deymien Versace, ce dernier se disant désabusé du gala.
Brendan Mikan, lui, a partagé une vidéo rassemblant ses questionnements quant au gala. Il est lui aussi d’avis que les nommés ne sont pas très variés, comme plusieurs personnalités figurent dans une multitude de catégories, tandis qu’il y a des « centaines, et même des milliers de créateurs de contenu au Québec ». Malgré que la sélection de ceux-ci en nomination soit réglementée, et que les nommés soient talentueux, l’influenceur tient à maintenir que « c’est bizarre que ce soit tout le temps les mêmes » tandis que d’autres galas ici et ailleurs affichent des nominations qui changent davantage au fil du temps :
« Tu ne peux pas être le meilleur/la meilleure à toutes les années ! »
Il rappelle toutefois qu’il est possible que des stars du Web qu’on admire ne se sont peut-être pas inscrites pour être considérés parmi les lauréats d’InfluenceCréation. Ainsi, un nombre plus faible de candidatures qu’on aurait tendance à attendre pourrait peut-être expliquer que certains créateurs se répètent dans les nominations.
Une prise de parole qui divise du côté d’InfluenceCréation
En contrepartie, le cofondateur et coproducteur du Gala Antho Tran a donné sa version des faits, tenant à saluer le travail de tous ceux qui s’adonnent à la création de contenu, tout en réfutant l’idée que ce sont les mêmes personnes qui ont la chance d’être nommés à chaque édition :
« Pour ceux qui ne sont pas nommés cette année, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas nommés que vous faites un mauvais travail, loin de là. Mais il y a une remarque que j’ai pu lire quelques fois, et c’est qu’il n’y a pas de nouveaux visages cette année. Mais je pense que cette impression-là vient du fait que dans la dernière année, il y a des créateurs qui se sont vraiment démarqués, dans plusieurs catégories, à plusieurs niveaux, mais que si on analyse le tout de manière objective, on remarque que la remarque que cette année, encore une fois, la majorité des nommés n’ont pas été nommés l’année dernière. Donc statistiquement, il y a eu de nouveaux visages cette année comparativement à l’année dernière. »
Ensuite, adressant la critique que plusieurs ont exprimée sur le fait que certains créateurs étaient en nomination dans une multitude de catégorie, Antho maintient que c’est une question de procédure de sélection.
« C’est vraiment de comprendre la réglementation. La première étape, c’est la mise en candidature, où les créateurs doivent soumettre leur candidature pour potentiellement être nommés. C’est quelque chose qui doit se faire dans tous les galas, parce que légalement, on doit avoir le consentement d’une personne pour qu’elle puisse être nommée. L’étape numéro 2 concerne le jury. Cette année, c’est 140 experts [indépendants] dans l’industrie à qui on assigne une catégorie, ou deux au maximum. Avant qu’ils puissent juger, un tri est fait par rapport à toutes les mises en candidature, par exemple le fait qu’ils doivent être résidents au Québec, avoir 6 ans et plus, et autre chose comme ça. Ensuite, chaque candidature est amnalysée par les juges selon plusieurs critères, comme la qualité du contenu, la performance, le profil global du créateur et la cohérence avec la catégorie. »
Il poursuit en expliquant que l’évaluation est faite avec une grille de pointage, où les points sont cumulés pour créer un pointage final par créateur, qui est ensuite additionné à celui des autres juges dans la même catégorie. Cette méthode, attentivement supervisée et vérifiée, permet de déterminer les 5 personnes saluées dans chaque catégorie, avant que le public ne vote pour en chopisir l’individu gagnant.
Sur son site, l’équipe d’InfluenceCréation détaille d’ailleurs le processus de sélection minutieux mis à jour chaque année, affirmant :
« Pour déterminer les lauréat·e·s du Gala InfluenceCréation, un processus rigoureux, démocratique et étalé sur plusieurs mois est mis en œuvre. Chaque étape, de la soumission des candidatures à l’annonce des gagnant·e·s, est orchestrée par le comité exécutif de l’Académie, composé de membres de l’ACRÉA et d’un jury d’expert·e·s. Une firme de juricomptabilité assure la transparence et l’impartialité de ce processus en supervisant le processus de votation afin d’en garantir la crédibilité des résultats. »
Malgré ces précisions, l’inconfort quant aux nommés demeure. En commentaire, sous la vidéo d’Antho, la créatrice Laura Pigeon qui est acclamée encore une fois cette année dans les catégories « style de vie » et « Instagrameur de l’année », a souligné ressentit « un petit malaise » lorsqu’elle a vu qu’elle se retrouvait à nouveau dans les nominations, parmi d’autres influenceurs y ayant aussi figuré en 2025. En reconnaissant que le gala est un événement rassembleur et porteur de fierté pour les créateurs de contenu, elle aimerait y voir plus de variété. Pour elle, « beaucoup de créateurs se désintéressent année après année, car ils ont l’impression de ne jamais être à la hauteur comparativement à ceux qui sont nommés ».
De son côté, la MD colorée fait écho à cette impression de répétitivité parmi les nommés, suggérant avec bienveillance que la même personne ne devrait pas être nommée dans deux catégories connexes (telles celles de l’éducation et de la sensibilisation).
Une affaire clivante ! Pour voir toutes les nominations, c’est ici.