Le prix du sirop d’érable va (probablement) augmenter en 2027
Le début de saison de récolte de l’érable pour le moins décevant ne devrait pas faire monter le prix de la canne de sirop... pour l’instant. Attendez-vous toutefois à payer plus cher votre or blond dès l’an prochain.
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Le temps froid du mois de mars a retardé la coulée de l’eau d’érable, alors que la saison régulière du sirop d’érable s’échelonne habituellement de fin février au début mai.
S’il est trop tôt pour qualifier la saison 2026 de catastrophique, la météo du mois d’avril sera cruciale.
« Tout va reposer sur les prochains jours, les prochaines semaines pour tenter de rattraper le retard, ce qui n’est pas impossible », soutient Joël Vaudeville, directeur des communications des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).
Quel impact sur le prix ?
Les difficultés de cette année n’auront pas d’impact à court terme sur le prix d’une canne de sirop d’érable.
Et si le prix reste stable bon an mal an, c’est parce qu’il est conventionné.
« Lorsqu’une canne varie de prix à l’épicerie, c’est un choix qui appartient aux embouteilleurs ou encore détaillants parce que, de notre côté, c’est un prix fixe. Les producteurs savent exactement combien ils sont payés à la livre », explique Joël Vaudeville.
Des 10 $ que coûte une canne en épicerie, 5,50 $ va dans les poches des acériculteurs. Le reste est réparti entre l’embouteilleur et le détaillant.
Mais il est bien possible que l’on doive payer plus cher l’an prochain, puisque l’entente entre le Conseil de l’industrie de l’érable et les acériculteurs, qui détermine notamment le prix que reçoivent les producteurs pour leur sirop d’érable, arrive à échéance en 2026.
Les négociations débuteront dans les prochains mois et Joël Vaudeville s’attend à une augmentation du prix. Actuellement, les membres des PPAQ sont payés 3,40 $ par livre.
Parmi les facteurs qui risquent d’influencer le coût, il cite la hausse du prix du pétrole causée par la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, comme la moitié de la transformation de l’eau d’érable en sirop se fait à l’huile.
« La question, c’est si ça va se refléter dans le prix de la canne. C’est très difficile de dire si une augmentation du prix du sirop d’érable à la livre va être exactement le même sur la canne », conclut-il.
La réserve de plus en plus petite
La forte demande et les stocks de plus en plus bas de la réserve stratégique risquent également de se refléter dans le prix de l’or blond en épicerie dès 2027.
Il faut savoir que le Québec possède sa propre réserve qui permet à l’industrie de ne pas manquer de sirop d’érable lors de récoltes moins fastes.
Or, les stocks de la réserve ont drastiquement chuté dans les dernières années : elle est passée de 100 millions de livres en 2020 à 35 millions de livres à l’heure actuelle.
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La faible production n’est toutefois pas la seule raison qui explique que la réserve soit plus basse : les ventes en sirop d’érable, ici comme à l’international, ont explosé dans les dernières années.
« En 2025, on a augmenté nos ventes à l’international de 16,5 % et on n’a jamais vendu autant de sirop d’érable au Québec », constate Joël Vaudeville.
Au total, 202 millions de livres ont été vendus l’an dernier, contre 172,5 millions de livres en 2024.
« Si la demande continue d’être très forte et qu’on a un faible inventaire en 2026, on va être obligés d’aller puiser dans [la réserve]. Les inventaires vont pouvoir compenser pour la récolte en 2026, mais il va falloir s’en souhaiter une grosse en 2027 », ajoute-t-il.
Pour compenser, les PPAQ ont permis aux érablières d’augmenter le nombre d’entailles.
La réserve idéale, selon Joël Vaudeville, contiendrait 100 millions de livres de sirop d’érable afin de pallier deux faibles récoltes de suite.