L’Iran rouvre puis referme le détroit d’Ormuz: les divisions internes du régime iranien compliquent les négociations avec Washington | 24 heures
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L’Iran rouvre puis referme le détroit d’Ormuz: les divisions internes du régime iranien compliquent les négociations avec Washington

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L’Iran a annoncé vendredi la réouverture du détroit d’Ormuz avant de revenir sur sa décision dès samedi et de le refermer, en réaction au maintien du blocus américain de ses ports. Tandis que Donald Trump parle d’une entente imminente, le ton reste beaucoup plus dur à Téhéran. D’où vient cet écart entre des discours fermes et des négociations qui paraissent pourtant avancer ?

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L’analyste politique Georges Mercier explique en partie ce décalage par le fait que plusieurs éléments des négociations échappent au public, qui ne peut, par conséquent, compter que sur des informations partielles.

« Ce qui se passe probablement en ce moment, c’est qu’il y a bel et bien en Iran une division du leadership entre une aile plus modérée qui pourrait accéder aux demandes américaines sur le nucléaire, sur le financement des milices, sur les missiles balistiques, et une aile plus radicale, plus islamisée, plus idéologique, qui, elle, estime qu’en raison du pouvoir sur le détroit d’Ormuz, le régime à Téhéran n’a aucune concession à faire », a-t-il déclaré en entrevue à LCN, samedi.

AFP 

Selon M. Mercier, les Américains mèneraient donc des négociations avec l’aile plus modérée, ce qui contribuerait à expliquer l’optimisme de Donald Trump.

« C’est ce qui expliquerait pourquoi hier le ministre des Affaires étrangères, qui est un vétéran des négociations, quelqu’un qui a d’une expérience en la matière, annonce la réouverture du détroit, et aujourd’hui, il y aurait des navires qui auraient été attaqués par des petites embarcations, des gardiens de la révolution, la branche la plus radicale du pouvoir en Iran », a-t-il fait valoir.

Pas de plein pouvoir en Iran

Le décalage entre la rigidité du régime iranien dans ses déclarations publiques et ce qui se trame en coulisses pourrait s’expliquer par le fait que les dirigeants actuels ne détiennent peut-être pas le plein pouvoir, estime Georges Mercier.

« Pourquoi ? Parce que la République islamique d’Iran est un régime théocratique dont on a coupé la tête », a-t-il souligné. « L’Ayatollah Ali Khamenei qui avait été tué très tôt au début de ce conflit-là. Il aurait été remplacé par son fils. On ne sait même pas si le fils est effectivement aux commandes, s’il contrôle les différentes factions. »

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Dans un système politique où plusieurs factions s’opposent pour le pouvoir, chacune a intérêt à conserver son influence, ajoute l’analyste.

« Donc, peut-être que les Américains ne négocient pas avec les bonnes personnes et, lorsque le ministre des Affaires étrangères, qui est peut-être plus modéré, nous annonce quelque chose, tout de suite après, une faction plus radicale lui dit “Non, tu ne peux pas faire ça”. Et c’est dans les faits ce qu’on a vu », a-t-il résumé.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.

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