« Super El Niño » : un épisode semblable a tué des millions de personnes en 1877 | 24 heures
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« Super El Niño » : un épisode semblable a tué des millions de personnes en 1877

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Photo AFP

Le « super El Niño » attendu prochainement risque d’être l’un des plus intenses depuis 150 ans. La dernière fois que le phénomène a atteint une telle puissante, à la fin des années 1800, les dérèglements météorologiques qui ont suivi ont décimé une partie de la population mondiale.

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Environ tous les cinq ans, un épisode d’El Niño est déclenché par le réchauffement de 1 à 2 °C de la température moyenne de la couche supérieure d’une zone de l’océan Pacifique située au large de l’Amérique du Sud.

Le phénomène peut provoquer des hausses extrêmes de températures, des sécheresses et des inondations dans les régions les plus vulnérables de la planète.

Ces conséquences peuvent atteindre des niveaux catastrophiques chaque 10 à 15 ans, quand le réchauffement de la surface de l’eau dépasse la température moyenne de plus de 2 °C.

On parle alors d’un « super El nino ».

Cette année, la hausse de la température du Pacifique pourrait atteindre jusqu’à 3 °C, selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Une telle augmentation pourrait provoquer l’épisode d’El Niño le plus intense depuis 1877, avertissent les scientifiques.

Les changements météorologiques survenus à l’époque ont provoqué la mort de dizaines de millions de personnes partout dans le monde.

La Grande famine de 1877, une conséquence d’El Niño

L’épisode El Niño de 1877 est le plus intense enregistré jusqu’à présent.

À l’époque, le courant côtier a déclenché un enchaînement de perturbations météorologiques qui ont provoqué une famine mondiale.

Dans un premier temps, la sécheresse a commencé à se propager dans les régions tropicales et subtropicales. Elle a ensuite été prolongée et dispersée par des perturbations climatiques dans l’océan Indien et Pacifique.

Les systèmes coloniaux de l’époque ont également contribué au désastre en affaiblissant les systèmes locaux qui avaient jusque-là permis aux communautés des zones frappées de résister aux perturbations climatiques.

En Inde par exemple, les politiques britanniques d’exportation du blé ont décimé les réserves de la population locale.

Résultat : plus de 50 millions de personnes, soit près de 4 % de la population mondiale de l’époque, ont perdu la vie lors de cette période que l’on appelle maintenant la Grande famine.

Les pertes ont été particulièrement importantes au Brésil, en Chine et en Inde.

« La Grande Famine a sans doute été la pire catastrophe environnementale qui n’ait jamais frappé l’humanité », a noté la scientifique Deepti Singh, de l’Université Columbia, dans une étude publiée en 2017.

La chercheuse a aussi précisé que la catastrophe a contribué à creuser les inégalités mondiales qui ont mené à la création de termes visant à faire la distinction entre les pays « développés » et « sous-développés ».

Vers une hausse record de température

Une dévastation des récoltes et de la population comme celle de 1877 pourrait difficilement se reproduire actuellement parce que les facteurs sociaux, politiques et économiques qui y ont jadis contribué ont évolué, tout comme les capacités à observer et à prédire l’évolution du phénomène.

Les experts de la NASA préviennent toutefois que si le scénario d’un super El Niño se concrétise dans les prochains mois, 2027 pourrait détrôner 2024 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Des épisodes de sécheresse simultanée et persistante, bien que moins importante que celles de 1877, pourraient également être déclenchés dans certaines régions.

— Avec les informations de l’AFP, Washington Post et The Guardian

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