Guerre en Iran: vers un recul des États-Unis sur l'uranium enrichi?
Alors que l’Iran et Donald Trump ont fait état lundi de progrès dans les négociations, sans toutefois annoncer d’entente imminente, un analyste estime que les États-Unis seraient en train de reculer sur l’un des principaux enjeux ayant motivé leur entrée dans le conflit : l’enrichissement de l’uranium iranien.
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La gestion du conflit par l’administration Trump suscite d’ailleurs des critiques autant chez les démocrates que chez certains républicains. Le spécialiste en politique américaine Luc Laliberté souligne que le ton adopté aujourd’hui par Washington contraste fortement avec les déclarations du président américain au début du conflit.
« Lui évoquait déjà une capitulation inconditionnelle de l’Iran. Ça fait partie de ces déclarations tantôt fantasques, tantôt provocatrices du président Trump au sujet de la sortie de crise de l’Iran. Je pense que peu importe les allégeances politiques, on va convenir du fait qu’il veut sortir de là, mais qu’effectivement, on n’est pas venu à bout de résistance d’un pays qui a pourtant mis le genou au sol depuis un moment », a-t-il déclaré en entrevue au micro de Richard Martineau, à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, lundi.
Selon lui, l’Iran continue de miser sur deux principaux leviers dans les négociations : le détroit d’Ormuz et le dossier nucléaire.
« Le premier levier, bien sûr, c’est le détroit d’Ormuz. [...] On ouvre le détroit d’Ormuz, puis en échange de ça, on ne se dotera pas de l’arme nucléaire. On ne l’avait pas plus avant de toute manière. Et il n’y aura pas de péage iranien au détroit d’Ormuz. Il n’y en avait pas avant le début du conflit », a-t-il expliqué.
D’après l’analyste, les concessions iraniennes demeurent donc relativement limitées. En contrepartie, les États-Unis devraient notamment permettre la réouverture des ports iraniens et alléger le blocus afin de faciliter les exportations pétrolières du régime.
Le dossier du nucléaire iranien demeure toutefois flou.
« Et ce qui est sur la table, mais pas dans l’entente, [...] c’est la question du nucléaire iranien, de l’uranium enrichi. Les Américains mentionnaient il n’y a pas si longtemps encore que c’était une condition. C’est la raison pour laquelle on serait entré finalement en guerre, c’est pour aller chercher cet uranium enrichi », a souligné Luc Laliberté.
Selon lui, les autorités iraniennes avaient été sommées de remettre leur uranium enrichi à des pays démocratiques ou directement aux États-Unis, faute de quoi Washington menaçait d’intervenir pour le récupérer lui-même.
« Ça coûte une fortune. C’est très compliqué comme opération. C’est très dangereux que de faire débarquer des troupes et d’aller chercher cet uranium. Il semble que ça, on ait mis ça sur la glace. Mais donc, l’Iran joue encore des deux mêmes leviers », a-t-il résumé.
Voyez l’entrevue intégrale dans les extraits vidéo et sonore ci-haut.