La mairesse de Lac-Mégantic salue une victoire longtemps attendue avec le projet de voie de contournement approuvé par l’Office des transports du Canada
Après 13 ans, le projet a franchi jeudi la dernière étape avec l’obtention de l’approbation de l’Office des transports du Canada
La mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, accueille avec grand soulagement la décision de l’Office des transports du Canada d’approuver la construction d’une voie ferrée de contournement.
« Après 13 ans de travaux, de consultations, de démarches, c’était la dernière étape réglementaire à franchir avant que le gouvernement puisse procéder à la construction, avec la compagnie ferroviaire. Donc, c’est une très belle journée aujourd’hui », a réagi Mme Morin.
Dans un document publié jeudi, l’Office des transports du Canada approuve la demande de la Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique pour la construction d’une voie de contournement à Lac-Mégantic.
L’organisme « juge que l’emplacement de la voie de contournement est convenable » et qu’il « continuera de desservir les économies régionale et nationale ».
« Risques réels »
Cette voie de contournement signifie enfin une plus grande sécurité pour les résidents de Lac-Mégantic, selon la mairesse.
« Les risques, on peut dire qu’ils sont réels considérant la tragédie que nous avons connue. Le train passe encore aujourd’hui au même endroit, 13 ans plus tard », a ajouté Mme Morin soulignant par ailleurs que Lac-Mégantic est au bas de la deuxième plus longue pente ferroviaire au Canada.
« Au-delà des enjeux de sécurité, on s’est aussi battu pour les citoyens marqués par ce traumatisme. On va pouvoir tourner la page. Ce n’est pas rien d’avoir vécu cette tragédie et d’entendre ce train-là trois ou quatre fois par jour, chaque jour. »
« C’était difficile pour plusieurs de passer à autre chose. C’est énorme de savoir que le train va être déplacé. On va aussi pouvoir terminer le développement de notre centre-ville. C’est un élément de plus qui vient s’ajouter à l’importance du projet », a dit Mme Morin rappelant que ce fut un dossier très complexe et très long.
La voie de contournement sera composée d’une nouvelle voie principale d’environ 12,5 km. Le document est assorti d’une liste d’engagements comprenant plus d’une centaine de points, dont celui de tenir la population informée du déroulement des travaux.
« Aujourd’hui, on avance et on a envie de se réjouir », a-t-elle ajouté.
Prochaine étape
La prochaine étape, selon la mairesse Morin, consiste à établir l’échéancier de construction. Sur ce point, elle souhaite que les parties fassent preuve d’une communication « de proximité » plus étroite et plus transparente, ce qui a parfois fait défaut au cours du processus, reproche-t-elle.
« On commence quand ? Et combien de temps, ça va durer ? », veut-elle savoir.
De son côté, le député de Mégantic-L’Érable-Lotbinière, Luc Berthold, se dit aussi soulagé de ce dénouement. « Mais ça a été beaucoup trop long avant qu’on donne le feu vert à ce projet-là. L’ampleur de la tragédie fait en sorte qu’on n’avait pas le choix de le faire. C’est un projet de rétablissement d’une population. On ne peut pas le prévoir comme un prolongement d’autoroute. Les gens de Lac-Mégantic ont assez attendu, on doit regarder vers l’avant et s’efforcer que les travaux se fassent le plus rapidement possible. »
Le projet sera financé à 40 % par Québec et 60 % par Ottawa.
Un rappel de la tragédie
Le 6 juillet 2013, un train exploité par la compagnie de Chemin de fer Montréal, Maine et Atlantique, qui transportait du pétrole brut, a déraillé dans le centre-ville de Lac-Mégantic.
La tragédie a causé 47 décès, et a rasé une grande partie du centre-ville forçant l’évacuation de 2000 résidents. L’accident a également mené au déversement de millions de litres de pétrole brut. Au lendemain de cette tragédie, la Ville de Lac‐Mégantic a proposé la construction d’une voie de contournement ferroviaire.
En 2018, les gouvernements du Canada et du Québec se sont engagés à financer conjointement une voie de contournement qui réacheminerait les trains à l’extérieur du centre-ville. Ce projet n’a pas toujours fait l’objet d’unanimité notamment auprès de certaines municipalités avoisinantes.