Renvois, abonnement à 8$, départ d’annonceurs: voici tout ce qui s’est passé en une semaine depuis qu’Elon Musk a racheté Twitter | 24 heures
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Renvois, abonnement à 8$, départ d’annonceurs: voici tout ce qui s’est passé en une semaine depuis qu’Elon Musk a racheté Twitter

Image principale de l'article Ce qui s’est passé en une semaine sur Twitter
AFP

Il y a une semaine jour pour jour, le multimilliardaire Elon Musk prenait les rênes de Twitter pour la jolie somme de 44 milliards $ US après six mois de négociations mouvementées. Le patron de Tesla n’a pas tardé à se rebaptiser «Twit-en-chef» et à faire une série d’annonces qui bouleverseront l’avenir du réseau social. On fait le point.

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Vendredi 28 octobre: la transaction est officialisée

Dès la transaction approuvée, Elon Musk a changé sa bio Twitter pour Chief Twit, qu’on peut traduire par «Twit en chef». Autre démonstration de son sens de l’humour affuté: il publiera quelques heures plus tard une vidéo où on le voit apporter un évier au siège social de Twitter avec le jeu de mots «Let that sink in!»

La même journée, on apprend que l'homme d'affaires a immédiatement dissous le conseil d’administration et licencié le patron de Twitter, Parag Agrawal, et deux autres dirigeants, soit le directeur financier, Ned Segal, et la responsable des affaires juridiques, Vijaya Gadde. 

Plusieurs utilisateurs n’ont pas attendu une seconde pour tester les limites de la liberté d’expression sur Twitter, un concept largement mis de l’avant par Musk. Dès lors, les tweets sur l’identité de genre ou sur l’utilité des masques pendant la pandémie – qui étaient autrefois bannis – étaient maintenant autorisés. 

Devant les positions ambigües d’Elon Musk, le constructeur automobile General Motors a annoncé avoir arrêté temporairement de payer pour des publicités sur Twitter.

Mardi 1er novembre: un abonnement à 8$ par mois

Maintenant seul aux commandes, Elon Musk montre ses couleurs. Pour son premier projet d’ampleur, l’entrepreneur annonce un abonnement à 8 $ par mois pour les utilisateurs qui souhaitent faire certifier leur compte comme authentique, c’est-à-dire pour obtenir «le crochet bleu».

«Le système actuel des seigneurs et des paysans, avec ceux qui ont la coche bleue et ceux qui ne l’ont pas, c’est des conneries. Pouvoir au peuple! Blue pour 8 dollars par mois», a gazouillé le patron de Tesla et SpaceX.

Actuellement, seuls les gouvernements, les entreprises, les médias, les personnalités politiques, culturelles ou sportives peuvent demander ce gage d’authenticité. 

Elon Musk a aussi annoncé que ces nouveaux abonnés auraient d’autres avantages, comme la priorisation de leurs tweets dans le fil d’actualité, la possibilité de publier des vidéos plus longues et l’exposition à moins de publicité. 

Cette nouvelle offre s’inscrit dans la lutte aux faux comptes sur Twitter et dans la diversification des sources de revenus. À l’heure actuelle, le modèle économique de Twitter repose à 90% sur les revenus publicitaires. 

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Mercredi et jeudi 2 et 3 novembre: des annonceurs fuient Twitter

La nouvelle vision de Twitter et de son dirigeant sur la «liberté d’expression» est loin de plaire à tous. Moins d’une semaine après que l’entreprise a changé de mains, un collectif de 50 associations de défense de la démocratie ou de lutte contre la désinformation a demandé aux 20 plus gros annonceurs sur Twitter, dont Coca-Cola, Google et Disney, à menacer Elon Musk de cesser toute publicité sur la plateforme dans le cas où la modération de contenus était écartée de la nouvelle stratégie.

Dès lors, le géant américain General Mills (marques Cheerios et Häagen-Dazs, notamment) a suspendu ses dépenses publicitaires sur Twitter.

Jeudi, c’était au tour de Mondelez international (biscuits Oreo), Pfizer, et Audi de retirer temporairement leurs publicités. 

Selon l’AFP, «les annonceurs craignent que la libéralisation des règlements de modération des contenus prônée par Elon Musk ne rende la plateforme inhospitalière.» 

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Vendredi 4 novembre: des licenciements massifs 

En début de journée vendredi, un coup de massue attendait un peu plus de 3700 employés de Twitter, soit 50% de la masse salariale de l’entreprise.

Par l’entremise d’un courriel, Elon Musk a annoncé aux salariés qu’ils seraient informés au cours de la journée si leur emploi serait supprimé ou non. Par mesure de sécurité, les bureaux de Twitter ont été fermés pour la journée.

Dès lors, des voix se sont élevées sur Twitter: Musk violerait ainsi une loi de l’État de la Californie – où sont situés les bureaux de Twitter – selon laquelle une entreprise de plus de 75 salariés doit donner un avis de 60 jours précédant d’importantes mises à pied. 

«Les employeurs comme Twitter qui enfreignent la loi s’exposent à des sanctions allant jusqu’à 500$ par jour pour chaque infraction commise. Avec des milliers d’employés, cela représente des coûts importants, mais peut-être pas pour Elon», a commenté l’avocate américaine Lisa Bloom. 

En fin de journée vendredi, lesdits courriels informant d'un renvoi ou non ont été largement diffusés sur Twitter. 

Plusieurs cadres ont démissionné d’eux-mêmes cette semaine, après que leur nouveau patron a prié des ingénieurs de travailler de longues heures pour faire des mises à jour. Certains ont rapporté avoir dû dormir sur place certains soirs.

Plus tôt cet été, 700 employés ont démissionné devant le rachat imminent du réseau social. 

À quoi s’attendre pour la suite?

Inutile de dire que tous les yeux seront rivés sur Twitter dans les semaines à venir. Elon Musk a annoncé vendredi que Twitter a subi une «baisse massive de ses revenus» en raison du retrait de plusieus annonceurs. Elon Musk compte-il revoir la modération des contenus pour préserver des revenus publicitaires? Considérant le caractère imprévisible du milliardaire, il est encore trop tôt pour le savoir. 

«Twitter a connu une baisse massive de ses revenus, en raison de groupes d'activistes faisant pression sur les annonceurs, même si rien n'a changé avec la modération du contenu et que nous avons tout fait pour apaiser les activistes», a-t-il gazouillé.

Elon Musk compte d’ailleurs former «un conseil de modération des contenus», composé «de représentants aux opinions très divergentes, qui incluront certainement la communauté de défense des droits civils et les groupes confrontés à la violence motivée par la haine».

Il est aussi attendu, au cours des prochaines semaines, que des comptes suspendus du réseau social soient restaurés, dont celui de l’ancien président américain Donald Trump. 

«Twitter n’autorisera personne qui a été retiré de la plateforme pour avoir enfreint ses règles à y revenir jusqu’à ce que nous ayons un processus clair pour le faire, ce qui prendra au moins quelques semaines de plus», a tweeté le milliardaire.

— Avec l'AFP