C'est quoi Zepbound, le médicament que prend Serena Williams pour perdre du poids?
La joueuse professionnelle de tennis Serena Williams a récemment fait l'objet d’une controverse sur les réseaux sociaux lorsqu’elle a révélé avoir utilisé le médicament Zepbound afin de perdre du poids. C’est quoi, au juste, le médicament dont l’olympienne fait la promotion? On a posé la question à deux expertes.
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«Ce que Serena dit vraiment ici: ça ne dérange pas à quel point tu as réussi, ta puissance ou la force que tu as – si tu n’es pas mince, ce n’est pas important. C’est tellement triste», a réagi une personne sous la publicité publiée sur le compte Instagram de Serena Williams, à la fin du mois d’août.
«Quel mauvais message pour la jeunesse. Profondément déçue», a commenté quelqu’un d’autre.
Dans ladite vidéo, l’athlète explique que c’est le médicament dont «son corps avait besoin» après avoir donné naissance à ses deux enfants.
C’est quoi, le Zepbound?
Le Zepbound est le nom commercial d’une molécule, le tirzépatide, qui a d’abord été développée pour les personnes atteintes de diabète de type 2, mais qui est aussi utilisée pour la perte de poids.
Le tirzépatide contient deux hormones : le GIP et le GLP-1. Elles sont produites naturellement par le système digestif et permettent d’augmenter la sécrétion d’insuline et ralentir la digestion, en plus de diminuer l’appétit et augmenter l'effet de satiété dans le cerveau.
Le Zepbound a été approuvé en juillet 2025 par Santé Canada.
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Quelle est la différence avec Ozempic et Wegovy?
Dans les dernières années, les médicaments Ozempic et Wegovy ont gagné en popularité après que plusieurs personnalités connues ont utilisé l’une ou l’autre des injections de sémaglutide afin de perdre une quantité importante de poids.
Contrairement à Zepbound, une seule hormone est présente, soit le GLP-1, dans les injections Ozempic et Wegovy.
Selon la médecin spécialisée en médecine interne générale Marie-Philippe Morin, la prise d’un médicament comme Zepbound, qui contient du GLP-1 mais aussi du GIP, pourrait mener à une plus grande perte de poids.
«Ça potentialise un peu la perte de poids, c’est-à-dire que les résultats avec le tirzépatide sont beaucoup plus importants qu’avec le Wegovy, par exemple. On a des moyennes de 20-25% de perte de poids dépendamment des études qu’on regarde avec le tirzépatide, tandis qu’avec le Wegovy, on est plus autour de 15%», explique celle qui travaille auprès d’une clientèle vivant avec de l’obésité ou du diabète.
Quels sont les impacts de prendre un tel médicament?
Les principaux effets secondaires du Zepbound sont des troubles intestinaux : nausées, vomissements, diarrhée, constipation et douleurs intestinales, indique la pharmacienne Gabrielle Cataford.
La prise d’un tel médicament peut aussi avoir des impacts négatifs sur des personnes qui ont déjà une relation complexe avec leur image corporelle, souligne-t-elle.
«Ça peut accentuer ce type de problème. C’est pour ça que c’est important d’avoir un suivi médical en prenant ce médicament, insiste la pharmacienne. Si on achète ça sur Internet, qu’on n’a pas de suivi médical, ça devient un problème parce qu’on peut se ramasser avec beaucoup d’autres problèmes.»
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«Normalement, ça devrait être prescrit chez des patients avec une obésité. Normalement, ce n’est pas un médicament qu’on prend de façon esthétique», soutient la Dre Morin, qui mentionne que Santé Canada considère une personne avec un Indice de masse corporel (IMC) en haut de 30 comme étant obèse.
Rappelons que l’IMC est une donnée controversée pour déterminer les risques de santé d’un individu. Il s’agirait d’une donnée considérée comme étant «désuète» par une grande partie de la communauté scientifique, a affirmé à 24 heures en juillet dernier le professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec Benoit Arsenault.
Qu’est-ce que ça envoie comme message que Serena Williams fasse la promotion d’un tel médicament?
«L’enjeu principal [que je vois], c’est de lancer un message dans lequel on proclame la minceur, que le mode de vie actif n’est plus suffisant, qu’il faut aussi que tu aies le corps parfait», mentionne Gabrielle Cataford.
«Qu’une personne publique comme ça, une athlète professionnelle avec un impact important sur les autres, fasse la promotion d’un médicament et une plateforme médicale, je trouve qu’il peut y avoir des dérapages par rapport à ce que les gens interprètent mal le message», s’inquiète celle qui complète actuellement une maîtrise en pharmacothérapie avancée ambulatoire.
Même si Gabrielle Cataford y voit une opportunité de déstigmatiser les enjeux liés au poids corporel, les sujets d’ordre médical devraient être réservés aux professionnels de la santé qui ont les connaissances pour les aborder.
Selon la pharmacienne, la publicité mettant en vedette la joueuse de tennis professionnelle Serena Williams contribue à rendre «banal» la prise d’un tel médicament pour perdre du poids et «fait de l’ombre sur le vrai problème».
«On met l’accent sur le traitement plus que sur le problème de santé chronique qui est l’obésité.»
«Serena Williams, quand elle parle de ça, c’est comme si c’était si facile, en 2-3 clics elle a accès à Zepbound. J’ai l’impression que c’est le message qu’elle essaie d’envoyer dans les médias, mais dans le fond, il y a un encadrement médical qui est nécessaire, on ne peut pas juste faire ça dans son salon pour avoir accès à la médication», conclut la pharmacienne.