Grève à la STM: épuisés, les travailleurs de la santé peinent à revenir à la maison après leur quart
Daniel Castillo, un paramédic à Montréal, peine à retourner chez lui après ses quarts de travail de 10 heures à cause de la grève des employés d'entretien de la STM.
Déjà épuisés, des travailleurs de la santé n’ont aucun moyen de rentrer après des quarts de nuit de 12 heures à cause de la grève des employés d’entretien de la STM. Le pire, préviennent-ils, c’est que les patients en souffrent également.
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«Je travaille de 9h à 19h et je croise les doigts pour qu’il reste un BIXI quand je finis», raconte le paramédic Daniel Castillo.
Le jeune homme de 21 ans travaille 10 heures par jour au centre opérationnel de l’ouest d’Urgences Santé, à Lasalle, mais habite au centre-ville de Montréal, près de la station de métro McGill.
«En BIXI, quand le trajet se passe bien, ça me prend 50 minutes pour me rendre chez moi», lâche-t-il. La station de BIXI la plus proche de son lieu de travail se situe à 15 minutes de marche.
Comme plusieurs de ses collègues travailleurs de la santé, qui ont souvent des horaires irréguliers, il pâtit de la grève des employés d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM). Depuis le 2 novembre, les autobus et le métro ne circulent qu’aux heures de pointe du matin et de l’après-midi, ainsi qu’en fin de soirée. Si aucune entente n’intervient dans le conflit de travail qui oppose les employés d’entretien à la STM, ces horaires seront maintenus jusqu’au 28 novembre.
Daniel se sent fatigué et frustré. «Je n’ai aucune compensation de la part de mon employeur pour trouver d’autres solutions [pour me déplacer] comme un taxi», laisse-t-il tomber.
Les patients aussi affectés
«Ça m’impacte moi et mes patients», dénonce-t-il.
Daniel raconte qu’une de ses patientes, âgée et malade, n’a pas pu se rendre à l’hôpital en autobus. «Les personnes âgées ne peuvent pas prendre un BIXI, alors elles appellent le 911.» Urgences Santé indique toutefois à 24 heures ne pas remarquer une hausse des appels depuis le début de la grève.
«On est déjà débordés d'appels, il y a souvent peu, voire pas d’ambulances disponibles du tout», regrette-t-il. Au Québec, les ambulances sont gratuites pour les plus de 65 ans.
Même son de cloche pour Erika Meere, qui travaille comme infirmière dans l’équipe ambulatoire de gérontopsychiatrie du CIUSSS centre-sud de Montréal.
Son service couvre Centre-Sud, Verdun et le Plateau Mont-Royal. La femme de 40 ans habite à Verdun et arrive à se débrouiller à pied ou à vélo pour ce secteur, mais admet que pour les autres quartiers, «des patients risquent d’attendre».
Son équipe et elle tentent tant bien que mal de planifier leurs rendez-vous.
Travailleurs épuisés
«Je dois partir une heure plus tôt pour commencer mes quarts de nuit de 12 heures», soupire l’infirmière de 30 ans Marion* au bout du fil.
Elle s’est résignée à travailler de nuit car la grève à la STM ne lui permettait pas de travailler le jour et de rentrer chez elle une fois son quart fini après 18h.
«Ça me fatigue beaucoup», confie celle qui travaille au Centre universitaire de santé de McGill (CUSM), proche de la station Vendôme, alors qu’elle habite à côté du parc Laurier.
Elle n’est pas la seule: «On est plusieurs [infirmières] à ne pas supporter les nuits.»
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Employeurs dépassés
Lorsque la grève des chauffeurs d’autobus et des opérateurs de métro a annulé tout service la journée du 1er novembre, elle a tout de suite demandé à son employeur si le personnel pouvait obtenir des coupons pour des trajets en taxis ou en Uber.
«Vous pouvez y aller à pied ou à vélo», lui a-t-on répondu par courriel. Il lui faudrait environ deux heures à pied ou 40 minutes à vélo pour se rendre au travail.
L’employeur d’Erika lui a proposé quelques tickets pour prendre un taxi. En revanche, plusieurs établissements de santé poussent leurs employés à trouver des solutions par eux-mêmes.
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Le CUSM reconnaît que la situation demeure un défi, et souligne par ailleurs l’engagement des travailleurs: «aucune absence directement liée à la grève n’a été signalée à ce jour», a-t-on indiqué à 24 heures.
Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal écrit par courriel qu’il «encourage l’ensemble de son personnel à planifier leurs déplacements et à prévoir plus de temps pour se rendre au travail durant cette période», tout en promouvant le covoiturage ou le vélo.
Le CIUSSS Centre-Sud demande quant à lui à ses gestionnaires de faire «preuve de souplesse envers les employés».
— Avec la collaboration d'Axel Tardieu