Le mouvement de solidarité avec Hélène Boudreau continue de prendre de l’ampleur, l’UQAM réagit | 24 heures
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Le mouvement de solidarité avec Hélène Boudreau continue de prendre de l’ampleur, l’UQAM réagit

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L'UQAM a brisé le silence alors que le mouvement de mobilisation en appui à l’étudiante Hélène Boudreau, poursuivie par l'institution pour avoir publié une photo d'elle dévêtue avec son diplôme sur les réseaux sociaux et sur son compte OnlyFans, continue de prendre de l’ampleur.

«En aucun cas, l'UQAM n'a souhaité ni ne souhaite proscrire la liberté d'expression, une valeur qui lui est chère. Elle ne nourrit pas non plus de préjugés à l'endroit du travail du sexe. Elle réitère le fait que les procédures judiciaires n'ont aucunement pour but d'interdire à l'étudiante de diffuser des photos intimes d'elle-même sur les réseaux sociaux ou autrement», a-t-elle indiqué par voie de communiqué mardi.

Le mouvement #papaUQAM sur Instagram  

Depuis vendredi, de nombreuses photos en solidarité avec l'étudiante en arts visuels ont été publiées sur les réseaux sociaux, utilisant le mot-clic #papaUQAM

L’une des instigatrices de ce mouvement, Stéphanie Roussel, a notamment reproché à l'université de faire preuve de «putophobie». 

«Le travail du sexe est un travail respectable. Les sex workers sont aussi parfois des étudiant-es et des diplômé-es de l’UQAM, peut-être de futur-es professeur-es, écrivain-es, biologistes, avocat-es. Ce sont des personnes brillantes et sensibles, dignes», a-t-elle écrit dans une publication Instagram. 

La page Instagram @nuQAM a aussi été lancée en soutien au mouvement. 

Des personnalités ont joint le mouvement pendant le week-end. C’est le cas de l’humoriste Arnaud Soly, qui a utilisé le logo de l’UQAM pour cacher ses fesses sur une photo de lui nu publiée sur Instagram.

L’influenceur Renzel Dashington a lui aussi utilisé le logo de l’UQAM pour censurer une photo sur le réseau social.

Les procédures judiciaires reportées  

Le 31 mars, les procédures judiciaires entamées contre Mme Boudreau ont été reportées à une date non précisée pour permettre aux parties de continuer à négocier les modalités d'une entente de principe.

L’UQAM avait d’abord demandé à trois reprises à l’étudiante de retirer ces photos, puis avait entamé des procédures judiciaires, lui demandant 125 000 $ en dommages. L'institution reproche à Mme Boudreau d’avoir publié des photos qui nuisent à la réputation de l’établissement.

Lundi, l’avocat de Hélène Boudreau, Jason S. Novak, a affirmé que les deux parties sont en discussion pour trouver un terrain d’entente hors cour. 

Une manifestation en bobettes       

La vague de soutien à Hélène Boudreau ne s’arrête pas là. Une manifestation en sous-vêtements aura lieu ce jeudi dès 16h devant l’UQAM pour dénoncer la position jugée «sexiste» de l’établissement.

«Les femmes et personnes non binaires sont indépendantes de choisir ce qu'elles veulent faire avec leur corps et comment elles décident de gagner leur vie. Il n’est pas suffisant "de suspendre les procédures judiciaires”, il faut les abandonner complètement», peut-on lire dans la description de l’évènement. 

«On veut montrer que le problème est plus grand que juste à l’UQAM», soutient l’une des organisatrices de la manifestation, Zoyanne Côté.

Dénonçant l'existence d'un double standard, elle affirme que les réactions auraient été différentes si un homme avait posé un geste semblable à celui de Mme Boudreau.

En février dernier, Hélène Boudreau nous confiait qu’elle avait financé une partie de son baccalauréat avec ses revenus générés sur la plateforme OnlyFans. En posant avec les seins dénudés et un diplôme à la main, elle disait souhaiter briser les tabous entourant le travail du sexe.

De passage à l’émission de Sophie Durocher sur QUB radio mardi, elle a par ailleurs raconté avoir triplé ses revenus et ses abonnés sur OnlyFans. 

«C’est inimaginable. J’ai plus que triplé mes revenus et mes abonnements OnlyFans. Les gens sont curieux. C’est un effet boule de neige. Par contre, ce n’était pas mon intention avec la photo. J’étais seulement fière de poser de cette façon», a-t-elle raconté. 

Rappel chronologique des évènements       

24 février

La jeune femme publie une photo sur Instagram et sur le site OnlyFans avec les seins dénudés sur laquelle elle tient un diplôme avec le logo de l’UQAM.

31 mars

L’UQAM reproche à Hélène Boudreau d’avoir partagé des images «indécentes ou pornographiques» contenant le logo de l’université. Une poursuite de 125 000$ est intentée contre Mme Boudreau.

2 avril

Des diplômés de l’UQAM commencent à poser dévêtus et à partager les photos sur les réseaux sociaux pour dénoncer la position de l’université. 

5 avril

L’UQAM reporte la demande d’injonction. Les deux parties tentent de s’entendre hors cour.  

6 avril

L'UQAM a brisé le silence après plusieurs jours de mobilisation en appui à l’étudiante Hélène Boudreau. 

8 avril

Une manifestation en bobettes est prévue devant l’UQAM pour dénoncer la position sexiste de l’établissement.

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