Fermeture de MaBrasserie: les autres micros seront-elles affectées?
Les patrons de la coop MaBrasserie ont pris tout le monde de court vendredi en annonçant qu'ils faisaient faillite et mettaient la clé dans la porte. C'est une déception pour plusieurs habitués de ce pub de Rosemont - mais aussi une surprise pour les autres microbrasseries qui brassaient de la bière dans leurs grands locaux de la rue Holt.
Par exemple, la bière du Broue Pub Brouhaha est actuellement embarrée dans les locaux de MaBrasserie, là où elle a été brassée, et impossible pour le propriétaire Marc Bélanger d'aller la récupérer. «Le syndic [de faillite] a barré les portes. Ils vont faire l'inventaire et attendre les réclamations, il va falloir qu'on récupère ce qui nous appartient», rapporte-t-il. «La nouvelle est tombée rapidement!»
Tout dépendant du temps que ça prend, il se pourrait donc fort bien que les clients qui se présentent dans l'un des deux pubs du Brouhaha (Rosemont et Ahuntsic) doivent se cantonner aux bières d'autres microbrasseries qui apparaissent aussi sur le menu.
Heureusment pour le Brouhaha, l'entreprise vient tout juste d'installer de l'équipement pour brasser sa bière directement dans sa succursale d'Ahuntsic, donc le plan est enligné pour la suite de la production. Marc Bélanger précise toutefois qu'il est en attente d'un permis avant que la production puisse débuter.
Un nouveau coup dur
C'est un coup dur de plus le monde brassicole, qui en arrache avec les pertes engendrées par la pandémie puis la baisse de consommation attribuable notamment à l'inflation.
«Ça fait 15 ans que je suis en affaires, mais je suis quand même stressé, ça me cause de l'anxiété de voir le marché actuel», admet Marc Bélanger, qui a fait partie des membres fondateurs de MaBrasserie avant de passer le flambeau à d'autres.
«Brouhaha Rosemont fait moins de la moitié du chiffre d'affaires pré-COVID», se désole le brasseur, ajoutant que le prix des loyers a, de son côté, explosé.
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Selon des informations obtenues par 24 heures, plusieurs micros qui brassaient au départ chez MaBrasserie s'étaient depuis dotées d'installations où elles faisaient la majorité de leur production, entraînant pour la coop des pertes de revenus graduelles, à laquelle il faut ajouter l'inflation et une augmentation majeure de loyer.
Le Brouhaha serait le bar le plus durement touché à court terme par la fermeture de MaBrasserie - après, bien sûr, MaBrasserie elle-même, dont la salle de dégustation était encore très populaire.
Comment peut-on faire si on veut aider sa micro préférée à passer à travers la tempête actuelle, qui semble toucher le secteur de la bière artisanale au grand complet? C'est pas compliqué, on lui achète de la bière. «Le mieux c'est toujours d'acheter directement en succursale [soit en allant prendre un verre ou en achetant sa bière direct dans la microbrasserie]. La distribution coûte très cher en ce moment, c'est une couche de profit de plus... La plupart des brasseries de nos jours ont le droit de vendre de la bière pour emporter. Acheter directement du producteur, c'est pas mal la meilleure affaire à faire pour l'encourager», explique Marc Bélanger.
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