Vous vous faites vacciner cette semaine? Voici ce qu'il faut savoir | 24 heures
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Vous vous faites vacciner cette semaine? Voici ce qu'il faut savoir

Image principale de l'article Infos utiles à savoir avant le vaccin
Photomontage Julie Verville

C’est bientôt votre tour d’aller vous faire vacciner, mais vous n’avez pas suivi toutes les nouvelles en lien avec la campagne de vaccination?

Pas de problème: on vous offre un petit cours de rattrapage. 

Quand pourra-t-on prendre rendez-vous?  

Dès maintenant, si vous êtes âgé de 12 ans et plus! Les personnes de 12 ans et plus peuvent maintenant prendre rendez-vous pour recevoir leur première dose du vaccin contre la COVID-19. La prise de rendez-vous concerne surtout les 18 ans et plus, parce que les 12 à 17 ans pourront se faire vacciner directement en milieu scolaire dans les semaines du 7 et du 14 juin. 

Comment fait-on pour prendre un rendez-vous?  

On va sur le portail Clic Santé. Il faut sélectionner «Vaccin COVID-19», puis entrer son code postal: vous pourrez ensuite choisir l’endroit où vous vous ferez vacciner, la date, et même l’heure!  

Vous pouvez aussi surveiller le compte Twitter du Vaccélérateur, qui publie les plages horaires qui se libèrent quand des gens annulent leur rendez-vous! 

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Est-ce que ça coûte quelque chose, se faire vacciner?   

Non, c’est gratuit. Les vaccins sont distribués par le Programme québécois d’immunisation, qui offre certains vaccins contre des maladies précises gratuitement. Il n’est pas possible de s’en procurer un sur le marché privé. 

Peut-on célébrer et prendre un verre (ou plusieurs!) directement après s’être fait vacciner?   

Oui! Il n’y a pas de problème, assure le Dr Alain Lamarre, immunologue et virologue à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). «Ce n’est pas comme un médicament oral pour lequel il pourrait y avoir des contre-indications de mélange, comme un antibiotique. Dans le cas du vaccin, c’est complètement indépendant. Il n’y a pas [de preuves] que ça pourrait avoir un impact sur l’immunité», dit-il. 

Devrait-on faire quelque chose pour se «préparer» au vaccin?  

Pas vraiment. «Le système immunitaire est un système efficace. C’est toujours une bonne idée d’avoir une bonne nuit de sommeil, mais ça ne devrait pas avoir d’impact sur sa capacité à avoir une bonne réponse immunitaire», explique le Dr Lamarre. Il conseille cependant de reporter son rendez-vous si on a un rhume, de la fièvre ou des troubles gastro-intestinaux. Il faut obligatoirement le reporter lorsqu’on est atteint de la COVID-19. 

MARTIN ALARIE / AGENCE QMI / JOURNAL DE MONTREAL

Est-ce que notre employeur est obligé de nous donner congé pour qu’on aille se faire vacciner?  

Non. Comme il y a de nombreuses plages horaires en dehors des heures de travail, un employeur n’a pas l’obligation de donner congé à ses employés pour qu’ils se fassent vacciner, explique Me Marie-Hélène Jetté, avocate associée en droit du travail au cabinet Langlois Avocats. S’il le fait, il pourrait demander une preuve de rendez-vous pour libérer l’employé. Il n’est d’ailleurs pas obligé de rémunérer l’employé pour les heures de travail manquées, ajoute Me Jetté.  

Un employeur peut-il obliger ses employés à se faire vacciner?  

Non. Cependant, les employés vaccinés pourraient obtenir certains privilèges auxquels les non-vaccinés n’auraient pas accès, soutient Me Jetté. Ces privilèges peuvent aller de l’accès au party de Noël jusqu’à l’octroi de certains contrats, par exemple. Et l’employeur est tout à fait dans son droit, «dans la mesure où c’est médicalement justifié», explique Me Jetté. «Il y a déjà des limites qu’on met aux droits des employés. Si un employeur interdit toute forme d’intoxication ou de consommation au travail, un employé ne peut pas fumer un joint pendant sa pause même si le cannabis est désormais légal», illustre-t-elle.   

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Après le vaccin, est-on immunisé tout de suite?  

Non. Le système immunitaire prend deux à trois semaines pour produire un taux suffisamment élevé d’anticorps et de cellules immunitaires pour nous protéger. «Pour une personne qui a un système immunitaire plus faible, qui subit un traitement immunosuppressif, ou pour une personne âgée, ça peut être encore plus long», précise le Dr Lamarre. 

La première dose procure un taux d’immunité qui se situe entre 80 et 90%, dépendant du vaccin. Essentiellement, le vaccin nous protège des symptômes graves de la COVID-19. Il est possible qu’une personne puisse contracter le virus et le transmettre même si elle est vaccinée. 

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Quelle sorte de vaccin vais-je recevoir? 

Probablement une dose de Pfizer-BioNTech ou de Moderna. Il y a actuellement quatre vaccins homologués par Santé Canada: le Pfizer-BioNTech, le Moderna, l’AstraZeneca et le Johnson&Johnson.           

  • Les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna peuvent vous être administrés peu importe votre âge.      
  • Le vaccin AstraZeneca n'est plus offert en première dose, mais les personnes de 45 ans et plus qui ont déjà reçu une première dose d'AstraZeneca pourront en recevoir une deuxième.    
  • Le vaccin Johnson&Johnson est autorisé pour les hommes de 30 ans et plus, les femmes de 60 ans et plus et certaines personnes de 18 ans et plus, mais les doses ne sont pas encore distribuées.                     

AFP

Quels sont les effets secondaires auxquels il faut s’attendre?  

Dans la très grande majorité des cas, une sensibilité à l'endroit de l’injection. Selon le Dr Alain Lamarre, il est normal de ressentir de la douleur près de l’endroit où le vaccin a été administré et même d’avoir une rougeur. «Il peut y avoir aussi dans certains cas des effets secondaires qu’on appelle systématiques», explique-t-il. Cela signifie donc de la fièvre ou se sentir malade de quelques heures à quelques jours après avoir reçu le vaccin. 

Parmi les symptômes plus rares, on compte des maux de tête, des douleurs aux jointures et aux muscles, de la diarrhée, des vomissements et de l’enflure aux ganglions sous les aisselles. 

Par ailleurs, quatre personnes sur 100 000 peuvent faire une réaction allergique grave après avoir reçu le vaccin à base d’ARN messager (Pfizer-BioNTech et Moderna). C’est pourquoi il faut rester sur place 15 minutes après avoir reçu le vaccin: pour s’assurer de ne faire aucune réaction allergique. 

Pour les vaccins à vecteur viral (AstraZeneca et Johnson&Johnson), certaines personnes (un à neuf cas sur 100 000) sont également susceptibles de développer des caillots sanguins dans les quatre à 20 jours suivant la vaccination. Plusieurs symptômes peuvent alors en découler: douleur dans différentes parties du corps, rougeur, tension, gonflement ou chaleur. Lorsque détectés à temps, les caillots sanguins peuvent être traités.  

Est-ce qu’on reçoit une preuve de vaccination?  

Oui. On y retrouve plusieurs informations, dont le vaccin administré, s’il a été injecté dans le bras gauche ou le droit et le lieu de la vaccination. Il faut d’ailleurs présenter cette preuve lors de l’injection de la deuxième dose. 

Quand pourra-t-on avoir la deuxième dose et qu’est-ce que ça va nous donner de plus?   

Environ 16 semaines plus tard. On obtient son rendez-vous pour la deuxième dose au même moment où l’on se présente pour la première. En plus d’augmenter le taux d’immunité à 90-95% dans le cas de certains vaccins, la deuxième dose augmente la durée de protection, souligne le Dr Lamarre. «Ça va enclencher ce qu’on appelle une mémoire immunologique. Au lieu d’être protégé seulement quelques mois, on peut étirer ça jusqu’à au moins un an ou peut-être plus.» Il ajoute que la réponse immunitaire survient plus rapidement que pour la première dose, environ une semaine après l’avoir reçue, puisque c’est une dose de rappel. 

Photo Anne Caroline Desplanques

Pourra-t-on aller chez des amis, voyager et aller au resto quand on sera vacciné?  

C’est l’objectif de la vaccination. Le gouvernement du Québec a d'ailleurs présenté un plan de déconfinement qui s'appuie en partie sur le taux de couverture vaccinale. 

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- Avec Camille Dauphinais-Pelletier