Le bon vieux ventilateur électrique serait-il le Saint-Graal du réchauffement climatique? | 24 heures
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Le bon vieux ventilateur électrique serait-il le Saint-Graal du réchauffement climatique?

Le docteur Daniel Gagnon étudie les solutions d'adaptabilité à la chaleur dans son labo du Centre ÉPIC de l'Institut de cardiologie.
Photo montage Marilyn Houde

Le docteur Daniel Gagnon étudie les solutions d'adaptabilité à la chaleur dans son labo du Centre ÉPIC de l'Institut de cardiologie.

La santé publique pourrait un jour ajouter à sa liste de tâches... la distribution de ventilateurs. Selon les résultats préliminaires d’une étude, ces petits appareils peu coûteux pourraient permettre de sauver des vies durant les vagues de chaleur.

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Dans un monde où la climatisation n’est pas accessible à tous (autant pour des questions d’argent que d’espace) et où le réchauffement climatique s’accélère, le bon vieux ventilateur électrique pourrait être notre Saint-Graal. 

Du moins, c’est ce que semble conclure une étude menée au Centre ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal, qui s’intéresse au sujet puisque, chaque année, des vagues de chaleur exacerbent les risques de mourir de problèmes cardiaques. 

«Ce qu’on semble voir, c’est que, quand c’est chaud et humide, l’utilisation du ventilateur électrique, c’est bénéfique», explique le docteur Daniel Gagnon qui mène l’étude. 

Il souligne toutefois que ce constat est préliminaire puisque les résultats n’ont pas encore été compilés et qu’il n’existe pas beaucoup de données entourant l’efficacité réelle des ventilateurs. 

Si l’efficacité du ventilateur est démontrée, la Santé publique pourrait en distribuer, estime-t-il. 

«Nous, ce qu’on veut dire c’est: dans l’immédiat, voici ce que vous pourriez faire pour minimiser le stress que le corps subit lors d’une canicule. Si un ventilateur c’est efficace, pourquoi ne pas en distribuer à des populations vulnérables qui n’ont pas accès à des climatiseurs?» propose-t-il. 

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Un cercle vicieux 

C’est sûr que les ventilateurs sont moins efficaces que l’air conditionné, mais celui-ci a aussi des inconvénients importants. Au cours des dernières années, la climatisation a fait bondir la demande mondiale en énergie, ce qui pose un problème. 

«S’ils n’utilisent pas des sources d’énergie renouvelable [les climatisateurs] contribuent aux changements climatiques qui entraînent de plus en plus de canicules, donc c’est un cercle vicieux», souligne le chercheur. 

Ils rejettent aussi de la chaleur dans l’environnement, ce qui peut amplifier l’effet d’îlot de chaleur urbain. 

Il est donc d’autant plus important de trouver d’autres solutions. 

«Nous, on voulait s’intéresser à des stratégies de refroidissement alternatives aux climatiseurs. Le but est d’identifier quelles stratégies alternatives sont les meilleures», dit-il. 

Les pieds dans l’eau 

Dr Gagnon et son équipe s’intéresseront ensuite à d’autres solutions potentielles comme mettre ses pieds dans un bain d’eau glacée et boire de l’eau. 

«Les stratégies qu’on évalue, c’est des choses qui sont recommandées ou dont on entend parler, mais qui manquent la science derrière pour dire: oui, c’est vraiment efficace, ou non, ça ne change rien», explique-t-il. 

Ils s’intéresseront finalement aux bienfaits de la chaleur. Certaines études semblent pointer vers des bénéfices potentiels du sauna sur la santé cardiovasculaire. Mais à quelle fréquence? Combien de temps? Pour qui? C’est-ce qu’ils tenteront de découvrir. 

Dans une chambre environnementale   

L’étude de l’Institut de cardiologie de Montréal a été menée sur des personnes de 50 à 80 ans atteintes de maladies cardiovasculaires, ce qui est un facteur de risque pour les décès en période de chaleur. 

Pour mesurer les résultats, l’Institut s’est équipé d’une chambre environnementale où on peut reproduire les conditions caniculaires. 

«Ça ressemble à un gros réfrigérateur de restaurant, mais on est capables de contrôler la température et l’humidité de la pièce», explique Dr Gagnon. 

«Les gens viennent et sont assis sur une chaise, dans la canicule, pendant trois heures pour évaluer les différentes interventions», précise-t-il. 

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